[{"label":"Accueil","url":"https:\/\/www.pbo-dpb.ca\/fr"},{"label":"Analyses compl\u00e9mentaires","url":"https:\/\/www.pbo-dpb.ca\/fr\/additional-analyses--analyses-complementaires"},{"label":"Analyse de la dette f\u00e9d\u00e9rale : 2020-2021","url":"https:\/\/www.pbo-dpb.ca\/fr\/additional-analyses--analyses-complementaires\/BLOG-2021-009--analysis-federal-debt-2020-21--analyse-dette-federale-2020-2021"}]

Analyse de la dette fédérale : 2020-2021

Publiée le 26 janvier 2021

Ce billet de blogue porte sur la sensibilité accrue des frais de la dette publique aux hausses abruptes des taux d’intérêt, et il fait le point sur le plan du gouvernement de contracter des emprunts ayant des échéances plus longues.

Sensibilité accrue des frais de la dette publique aux hausses abruptes des taux d’intérêt

Les déficits budgétaires considérables enregistrés en 2020‑2021 ont pour effet immédiat de gonfler la dette fédérale à moyen terme. Ces déficits seront financés principalement grâce à l’émission de titres de créances contractées sur les marchés et portant intérêt — autrement dit, des bons du Trésor et des obligations. Toutes choses étant égales par ailleurs, un encours plus important de dettes contractées sur les marchés augmente la sensibilité des frais de la dette publique aux futures variations des taux d’intérêt.

Le DPB fournit régulièrement des estimations de la sensibilité des perspectives financières à divers chocs, dont une hausse permanente de points de base des taux d’intérêt. D’après notre rapport *Perspectives économiques et financières – septembre 2020*, une augmentation permanente de 100 points de base des taux d’intérêt ferait bondir les frais de la dette publique de 4,5 milliards de dollars dans la première année (2021‑2022)[^1]. À la cinquième année des perspectives (2025‑2026), les frais annuels de la dette publique dépasseraient de 12,8 milliards de dollars ceux établis dans notre projection de référence.

Par comparaison aux perspectives financières antérieures, les frais de la dette publique sont plus sensibles (en termes absolus) à une augmentation permanente des taux d’intérêt. Comme il est indiqué plus haut, cela s’explique surtout par le fait que l’État doit maintenant assurer le service d’un encours de dettes contractées sur les marchés qui est plus important que ce qui était projeté avant la pandémie.

0246810121412345AnnéeAvril 2017Avril 2018Avril 2019Septembre 2020
Une hausse de 100 points de base des taux d’intérêt fait augmenter les frais de dette par comparaison aux perspectives financières antérieures (en milliards de $)

Directeur parlementaire du budget

Directeur parlementaire du budget

Dans les économies avancées, les taux d’intérêt sont proches des creux historiques. Pour cette raison, en dépit de la hausse record de la dette fédérale, nous prévoyons que le ratio du service de la dette de l’État (soit le rapport entre les frais de la dette publique et les recettes fiscales) atteindra 7,0 % en 2023‑2024, le taux le plus faible jamais observé. Même si les taux d’intérêt enregistraient une augmentation permanente de 100 points de base plus élevée que ce que nous prévoyons actuellement, le ratio du service de la dette de l’État n’atteindrait que 11,6 %, un taux largement inférieur au sommet de 48 % et comparable à celui constaté en 2013‑2014[^2].

0102030405060197019751980198519901995200020052010201520202025Référence+ 100 pdb+ 200 pdb
Les frais de service de la dette resteront proches des creux historiques, même si les taux d’intérêt augmentaient (% des recettes fiscales totales)

Ministère des Finances Canada

Directeur parlementaire du budget

Ministère des Finances Canada

Directeur parlementaire du budget

La période de projection va de 2020‑2021 à 2025‑2026.

Sensibilité d’autres revenus et dépenses aux hausses abruptes des taux d’intérêt

Les variations des taux d’intérêt se font surtout sentir sur les finances fédérales par leur effet sur les frais de la dette publique, qui se répercute sur les dettes contractées sur les marchés. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, l’État, qui a une position débitrice nette, voit ses dépenses s’alourdir. Cependant, une hausse hypothétique des taux d’intérêt réduirait également d’autres dépenses fédérales, ce qui aurait pour effet de compenser partiellement l’accroissement des frais de la dette publique. Mais surtout, des taux d’intérêt plus élevés feraient diminuer les provisions exigées pour gains et pertes actuariels sur les avantages futurs.

En 2019‑2020, l’État détenait 291 milliards de dollars en obligations nettes liées aux régimes de retraite et d’avantages sociaux des employés fédéraux. Chaque fin d’exercice, la valeur actuelle de ces obligations futures est réévaluée selon les taux d’intérêts attendus fondés sur les marchés[^3]. Une projection de taux d’intérêt plus élevés ferait diminuer la valeur actuelle des obligations du gouvernement en matière de retraite et d’avantages sociaux. Par conséquent, des obligations moindres réduiraient les provisions annuelles exigées pour couvrir le manque à gagner relatif aux retraites et aux avantages sociaux, ce que représentent les charges d’amortissement pour gains/pertes. La réduction des charges d’amortissement pour gains/pertes ferait alors baisser les dépenses totales et améliorerait l’équilibre budgétaire fédéral[^4].

Bref, l’amortissement des charges au titre des régimes de retraite et avantages sociaux est sensible aux taux d’intérêt, mais dans le sens inverse des dettes contractées sur les marchés; il agit plutôt comme une protection partielle dans le cadre financier du gouvernement.

-15-10-505101512345AnnéeFrais de la dette publiqueAmortissementRevenusDéficit budgétaire
La hausse des taux d’intérêt accroît les frais de la dette publique, mais son effet est compensé partiellement par la diminution des charges d’amortissement et l’augmentation des revenus de placement (milliards de $)

Directeur parlementaire du budget

Directeur parlementaire du budget

Un chiffre positif (négatif) fait augmenter (diminuer) le déficit budgétaire.

Évaluation des progrès réalisés dans la poursuite des objectifs du gouvernement sur la gestion de la dette

Dans son Énoncé économique de l’automne de 2020, le gouvernement a fait connaître son intention « d’emprunter à de plus longues échéances et de fixer des taux d’intérêt historiquement bas, ainsi que d’améliorer la prévisibilité des frais de service de la dette ». Concrètement parlant, il devra accroître l’émission nette d’obligations à long terme par comparaison aux obligations à moyen terme et aux bons du Trésor à court terme[^5].

De 2000 à 2019, le gouvernement a réduit systématiquement l’émission relative de titres de créance à courte échéance (moins d’un an) et a émis davantage de titres ayant une échéance allant de un à cinq ans. Les titres ayant une échéance de plus de cinq ans (habituellement des obligations à dix ans ou à trente ans) représentent une part stable mais modeste des emprunts du gouvernement depuis 2000, soit 7,7 % de ses dettes contractées sur les marchés. En 2020, le gouvernement prévoyait émettre 15,1 % de ses titres de créances contractées sur les marchés à des échéances supérieures à cinq ans.

020406080100200020012002200320042005200620072008200920102011201220132014201520162017201820192020Plus de 5 ansDe 1 à 5 ansMoins de 1 an
Le gouvernement veut privilégier les plus longues échéances pour ses nouveaux titres de créance (% des nouveaux titres émis)

Ministère des Finances Canada

Directeur parlementaire du budget

Ministère des Finances Canada

Directeur parlementaire du budget

Au cours des neuf premiers mois de 2020‑2021, l’émission de titres de créance par le gouvernement a respecté en grande partie le plan établi dans l’Énoncé économique de l’automne de 2020. Cela dit, l’échéance des emprunts tend à être plus courte que ce qui était prévu parce que, compte tenu du volume imposant de bons du Trésor émis au début de la pandémie, le débouclage n’est pas encore terminé.

La somme brute totale de titres émis s’établit à 79 % de la cible annuelle. Les bons du Trésor (les titres ayant l’échéance la plus courte) sont émis en trop grande quantité, relativement parlant (85 % de la cible annuelle), tandis que les obligations à 30 ans (les titres ayant l’échéance la plus longue) sont émises en quantité légèrement trop faible par rapport à la cible annuelle (72 %).

- 50 100 150 200 250 300 350Bons duTrésor2 ans3 ans5 ans10 ans30 ansCumul annuelTitres restants à émettre85%81%76%84%77%72%
Les nouvelles émissions de bons du Trésor surpassent celles de titres ayant une échéance plus longue, mais elles sont en grande partie conformes aux plans du gouvernement pour 2020 2021 (milliards de $)

Banque du Canada

Ministère des Finances Canada

Directeur parlementaire du budget

Banque du Canada

Ministère des Finances Canada

Directeur parlementaire du budget

Les cibles annuelles sont établies pour la période allant du 1er avril au 31 mars. Les données annuelles cumulées concernent la période allant du 1er avril au 31 décembre 2020.

Avec le temps, l’accroissement des volumes relatifs de titres de créance à long terme allongerait la durée avant l’échéance de l’encours de la dette. À ce jour, l’encours de la dette fédérale contractée sur les marchés montre une durée avant l’échéance légèrement inférieure à celle observée dans l’histoire récente. Cela s’explique surtout par le fait que, vu le volume imposant de bons du Trésor émis au début de la pandémie, le débouclage n’est pas encore terminé. Le DPB continuera de surveiller la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale de gestion de la dette de 2020‑2021 et produira d’autres rapports sur le sujet.

010203040506070802016-20172017-20182018-20192019-20202020-2021Mars 2020De 1 à 5 ansMoins de 1 an
Encours de la dette fédérale contractée sur les marchés selon le type (% de l’encours de la dette contractée sur les marchés)

Banque du Canada

Ministère des Finances Canada

Directeur parlementaire du budget

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