La directrice parlementaire du budget publie les perspectives économiques et financières d’octobre 2026
Les dépenses, les emprunts et la dette du gouvernement fédéral continuent d’augmenter dans un contexte de croissance économique plus faible
Aujourd’hui, le Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) a publié le rapport Perspectives économiques et financières – Octobre 2026, qui prévoit une croissance économique plus faible et des emprunts plus importants que ce qui était prévu en juin. Le rapport prévoit également que le gouvernement ne respectera que l’une de ses deux cibles budgétaires.
Le rapport tient compte de la performance économique, des nouvelles mesures fiscales et de dépenses annoncées depuis juin et de l’effet des nouveaux droits de douane et des nouvelles mesures de représailles en date du 1er octobre. Les projections budgétaires actuelles ne reflètent pas les nouvelles mesures qui n’ont pas encore été annoncées et qui se retrouveront dans le budget fédéral à venir.
Principales conclusions / Les faits en bref
- On prévoit maintenant que la croissance réelle du PIB du Canada sera de 0,9 % en 2026 et de 1,5 % en 2027, une baisse par rapport aux 1,1 % et 1,6 % respectivement prévus dans le rapport de juin.
- La prévision de ralentissement de la croissance économique est principalement attribuable à la révision des droits de douane et des conditions commerciales avec les États-Unis.
- La croissance du PIB nominal est en hausse, à 5,6 % et 3,4 % en 2026 et 2027, ce qui tient compte de l’inflation et de la hausse du prix du pétrole et des produits de base, qui stimulent les prévisions de recettes fédérales pour les deux prochains exercices.
- Si elles devenaient permanentes, les mesures commerciales instaurées depuis le début de 2025 pourraient réduire le PIB réel d’environ 1,4 % à moyen terme, par rapport à un scénario sans droits de douane.
- Au cours de la période de cinq ans faisant l’objet des prévisions, la marge de manœuvre budgétaire disponible s’est améliorée de 37,4 milliards de dollars depuis le rapport de juin; on estime que les nouvelles mesures de dépenses coûteront 52,6 milliards de plus sur cinq ans, ce qui dépasse l’augmentation des revenus. En 2030-2031, le déficit devrait s’établir à 67,8 milliards de dollars, soit 9,5 milliards de plus que prévu en juin.
- On prévoit que le déficit sera de 63,3 milliards de dollars en 2026-2027, ce qui est inférieur aux prévisions de juin et ce qui s’explique par une combinaison de revenus plus importants et de nouvelles dépenses fédérales.
- On prévoit que le gouvernement atteindra sa cible budgétaire liée au budget de fonctionnement en 2028‑2029, avec un excédent de 6,2 milliards de dollars.
- Le gouvernement ne devrait pas atteindre sa deuxième cible budgétaire consistant à maintenir le ratio du déficit au PIB sur une trajectoire descendante. On prévoit en effet que ce ratio augmentera, tant en 2027‑2028 qu’en 2029‑2030.
- On prévoit que les déficits cumulatifs au cours des cinq prochaines années s’élèveront à 333,3 milliards de dollars.
- L’emprunt fédéral devrait augmenter de 732,9 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.
- Le ratio de la dette fédérale au PIB (la mesure traditionnelle en matière de viabilité financière) devrait s’accroître chaque année, pour passer de 40,8 % en 2026-2027 à 42,6 % en 2030-2031.
Citations
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Le Canada est confronté à des perspectives économiques et financières plus difficiles que ce que nous avions prévu en juin. Les mesures commerciales additionnelles et l'incertitude qui persiste brident la croissance de la production réelle – ce que nous produisons en tant que pays.
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Une cible de budget de fonctionnement équilibré ne devrait pas être interprétée comme une situation budgétaire équilibrée. Elle est conçue de manière à exclure les dépenses d’immobilisations financées par des emprunts, ce qui signifie que les emprunts et la dette peuvent continuer d’augmenter, même si la cible est atteinte.
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L’emprunt fédéral dépassera largement le déficit budgétaire cumulatif au cours de la période de projection parce qu’en comptabilité d’exercice, les dépenses d’immobilisations et les prêts aux sociétés d’État sont inscrits comme des éléments d’actif et non comme des éléments de passif. Cela masque la réalité de la dette en espèces et soulève des questions quant à savoir si le cadre budgétaire actuel donne un portrait complet et transparent de la viabilité financière du Canada.
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À long terme, les perspectives économiques et financières du Canada dépendront largement de la mesure dans laquelle les investissements du budget d’immobilisations se traduiront ou non par une croissance de la productivité, de la capacité économique et de la prospérité.
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Le BDPB continue de soutenir que le ratio de la dette au PIB est un repère important pour mesurer la santé financière. Il augmentera de façon constante au cours des cinq prochaines années.
Directrice parlementaire du budget